Le risque "Requin" à la Réunion

Le risque « Requin » à la Réunion

Le risque « Requin » à la Réunion  Le titre fait peur ! Et pour autant, il mérite d’être traité. Un récent drame a relancé encore une fois l’éternel débat sur la nécessité ou pas d’anéantir les requins autour de la Réunion. Pourtant, en respectant quelques règles simples, le risque requin peut devenir nul, tout en profitant de l’océan indien. Oui c’est un risque sérieux, non il ne faut pas dramatiser et il faut relativiser.

Etat des lieux.

Carte des attaques

Carte des attaques

A ce jour, en incluant la dernière attaque dramatique et mortelle du 8 mai 2013, le nombre total d’attaques de requins se situe dans la quarantaine pour la France dont 19 attaques mortelles recensées pour l’île de la Réunion depuis 1980. Certes, ce n’est « QUE » 19, mais c’est tout de même 19.

Les victimes principales de ces attaques sont les surfeurs et bodyboarders, autrement dit, les amateurs de sport nautiques employant une planche pour se déplacer. Il semblerait que cet élément soit un des facteurs explicatifs. Les squales, dont la vue n’est pas forcément très au point sous l’eau, les confondraient facilement avec des proies telles que otaries ou tortues. On peut aisément imaginer, en effet, la forme donnée au squale dans le fond de l’océan par le surfeur en surface qui s’aide de ses bras pour se déplacer.

Le climat et plus particulièrement l’état de la mer semble aussi influencer l’importance du risque. Après une période de fortes pluies, ou après un cyclone, les baignades sont interdites. Le ruissellement des eaux des Hauts vers la mer viendrait à troubler suffisamment l’eau de mer pour en faire un terrain de chasse apprécié des squales. On s’est rendu compte également, que, même en période climatique sèche, la simple houle en bordure des côtes, avec les rouleaux, suffit elle aussi à remuer les fonds et troubler l’eau suffisamment. De là à penser que les aires de surfs sont aussi les aires de chasse appréciées des requins, il n’y a qu’un pas !

Le Comité opérationnel réunionnais du risque requin (CO4R). 

Suite à la dernière attaque du 8 mai, le CO4R s’est réuni afin de tirer les leçons sur cette attaque. L’autre objectif était aussi de voir quelles mesures pourraient être entreprises pour concilier au mieux activité touristique et ludique et respect de la faune. Plusieurs idées sont alors suggérées :

  • chasse au requin ;
  • mise en place de filets anti-requins ;
  • suivi des animaux balisés ;
  • création d’un site internet d’informations relativisant entre autres les observations faites autour de l’île ;
  • analyse comportementale, des animaux ET des plaisanciers.

Les « amis » des requins.

Didier Derand

Didier Derand

Les avis sur la manière de traiter le sujet sont relativement très partagés sur l’ensemble de l’île. Dans le premier camp, il y les partisans des requins, qui estiment que les surfeurs sont des « éléments rapportés » dans le milieu du requin. A leur tête, on pourrait citer, par exemple, Didier Derand, délégué de l’association Brigitte Bardot sur la Réunion. Ce dernier s’est même offert une ballade d’une heure dans la mer, aux endroits même où avaient eu lieu les attaques de requin, dans le seul but de démontrer que la crainte du requin est avant tout un manque d’informations et de connaissances sur le sujet.

Les « opposants » des requins.

Bien évidemment, sans surprises, ce sont les surfeurs principalement, qui, depuis la multiplication des attaques, demandent aux autorités d’agir afin de faire diminuer voire cesser cette menace requin. Selon certains, il y aurait un réel déséquilibre dans l’écosystème autour de l’île, expliquant notamment la présence d’un nombre anormalement élevé de requins. Reste pour la petite histoire, que plusieurs accidents, dont le dernier en date, ont eu lieu, alors que les pavillons et consignes de sécurité étaient affichées et mise en évidence. Il apparait donc clair que, dans certains cas seulement, le terme « d’imprudence fatale » des surfeurs, pour citer un représentant des autorités de la réunion, est clairement avérée. En tout état de cause, les activités nautiques font partie intégrante de l’île de la Réunion, il faut donc prendre la question avec sérieux.

Drapeau signalant le risque requin

Drapeau signalant le risque requin

Comment s’en prémunir ?

Ce risque « requin » ne doit pas pour autant remettre en cause votre volonté de venir passer vos vacances à l’île de la Réunion. Ce ne sont pas les activités qui manquent sur l’île. Entre randonnée, parapente, farniente, et j’en passe le choix reste vaste.

Question surf, mon avis personnel : vous venez en vacances sur l’île, vous êtes surfeur, et vous aviez prévu de venir surfer ici. Soit, une passion est une passion, et je le conçois. Cependant, étant donné le risque actuel, et en attente de l’application de mesures efficaces et convenables pour tout le monde, ne pensez-vous pas qu’il serait prudent de remettre à plus tard et ailleurs ces séances de surf ? Profitez de l’île différemment.

Pour les familles, il y a la plage de l’Ermitage, à Saint-Gilles. C’est THE plage connue sur l’île, suffisamment grande pour vous accueillir même en période touristique. Située au bord d’un lagon, les requins n’y sont pas présent puisque la barrière de corail tout autour du lagon les empêche d’y pénétrer. Le snorkeling (nage avec masque, tuba et palmes) y est très agréable, avec un bon appareil photo étanche, vous ferez de magnifiques photos et films vacances à partager à votre retour.

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A bientôt pour la suite de mes aventures sur la Réunion et les alentours

Amicalement,

Doudou