La Légine, or blanc de la France méconnue

La Légine, or blanc de la France méconnue

Comme promis dans un article précédent, je vous présente aujourd’hui la légine. Je lui dédie un article complet, car, peu d’entre nous connaissent ce poisson exceptionnel, et pourtant, il y a beaucoup à dire sur le sujet.

Pour des raisons évidentes de compréhension, que vous partagerez j’en suis certain, je garderais le nom usuel de « légine », et je vous éviterais les noms scientifiques tels que « Dissostichus eleginoides » (légine australe) et « Dissostichus mawsoni » (légine antarctique).

Présentation

Légine

Légine

Ci-joint, vous pouvez voir une photo de ce poisson. Effectivement, rien de très « joli » à proprement parler si on s’arrête à la vision seule. Pourtant, ce poisson possède des caractéristiques particulières.

D’une longueur adulte variante de 1 à 2 mètres, pour un poids avoisinant aisément les 80 kilos (presque comme moi), elle vit dans les grands fonds, jusqu’à 2 000 mètres, des zones froides de l’océan indien, particulièrement dans les TAAF. Elle peut atteindre jusqu’à 35 ans ! Son exploitation est récente et ne date que des années 90.

Le record de taille pour la légine est un spécimen de 2,48 mètres, pêché au large des îles Kerguelen.

La légine est également présente à d’autres endroits sur le globe, comme au large de l’Amérique du Sud, du Chili, de l’Argentine ou encore des îles Malouines.

La différence entre les deux variétés existantes, la légine australe et la légine antarctique, ne se fait que sur un point de vue physique sur des lignes latérales.

La légine est un poisson qui vit, comme je l’ai dit précédemment jusqu’à 2 000 mètres en moyenne. Certains spécimens ont été pêchés à presque 4 000 mètres de fond. D’une manière générale, la profondeur de croisière de la légine est en rapport avec son âge. Les plus jeunes évoluant dans les eaux moins profondes. Sans doute cela est-il lié à l’épaisseur de la couche de graisse du spécimen.

Son exploitation

La légine, surnommée « or blanc », est un poisson au cours commercial relativement élevé. Avec un prix avoisinant les 15 euros le kilo « à la débarque », c’est à dire au retour de pêche du bateau, le prix peut monter jusqu’à 30 euros le kilo pour la vente. Imaginez alors les prix dans les restaurants

Ce prix s’explique, entre autres, pour les raisons suivantes :

  • sa chair, fine, succulente, est généralement très appréciée. Personnellement, je ne suis pas un aficionado du poisson en général, mais la légine, je ne m’en plains jamais ;
  • le nombre peu élevé de pêcheurs autorisés : l’exploitation piscicole de la légine est très réglementée. Actuellement, seuls 6 bateaux sont autorisés à pêcher la légine dans la zone des TAAF ;
  • le nombre peu élevé d’établissements, en métropole, qui ont de la légine sur leur carte.

Cependant, compte tenu de la raréfaction du turbot et du cabillaud de plus en plus probante, il semblerait qu’aujourd’hui les grandes surfaces s’intéressent de plus en plus à ce poisson, en dépit de son coût encore élevé pour le consommateur moyen.

Pêche de la légine

Pêche de la légine

Ces prix élevés suscitent également, malheureusement, un engouement pour le braconnage, pour les pêcheurs peu respectueux de la législation. Pour autant, l’État Français a mis en œuvre plusieurs moyens pour lutter contre ces malfaiteurs, qui sont, pour la zone des TAAF, relativement peu courants. Depuis 1997, une vingtaine de navires en situation de pêche illégale ont été arraisonnés par la Marine Nationale. Il existe même une coopération entre la France et l’Australie pour avoir des moyens encore plus adaptés.

Nombreux sont les métropolitains qui ne connaissent même pas l’existence de ce poisson. Moi même, avant de savoir que je viendrais ici, je n’en connaissais même pas le terme.

Sur le domaine scientifique, la légine intrigue également. Avec un rythme cardiaque d’environ un battement de cœur toutes les 6 secondes, la légine dispose également d’une protéine antigel dans son organisme, afin de survivre aux eaux glacées. Ces particularités pourraient s’avérer intéressantes dans le domaine médical par exemple

Cuisiner la légine

La légine, à l’instar du saumon et plusieurs espèces de poisson, se cuisine et s’apprécie tout aussi bien crue que cuite.

Salade de légine

Salade de légine

Il vous suffit de surfer sur les sites dédiés aux recettes de cuisine, de taper le mot clé « légine », et hop, vous trouverez bien une recette qui vous donnera envie.

Pavé de légine

Pavé de légine

Mon premier contact avec la légine a été avec un Carpaccio de légine Je ne connaissais pas la légine, et je ne savais même que c’était de la légine. C’est en goutant et en posant la question pour savoir quel était ce poisson cru si bon, que j’ai découvert ce qu’était la légine

Ici, à la Réunion, la légine se cuisine aussi bien carri que poelée avec une sauce crème fraîche/ail/oignon/persil Tout pour être tranquille dans le bus du retour

Je vous laisse maintenant à la découverte de la légine.. Laissez-vous tenter et oser y goûter, vous n’en serez pas décu.

Moi de mon côté je m’en vais au marché, chercher quelques bichiques. C’est quoi ? La suite dans un prochain article

Merci de partager cet article autour de vous, à l’aide des boutons ci-dessous, si vous l’avez apprécié. 
A bientôt pour la suite de mes aventures…
Amicalement,
Doudou.